Comme chaque mois, profitez des conseils du Dr Jean-Michel Lichtenberger, dont l'association Voyages et Santé gère le centre de vaccinations d'Air France.

Après les répulsifs appliqués sur la peau découverte, rappelez-vous que piquer à travers les vêtements est un jeu d’enfant pour un moustique motivé.

Si l’on veut se protéger efficacement, il faut donc aussi imprégner ses vêtements, ce qui se fait avec un insecticide. Et le seul reconnu pour cette fonction est la perméthrine. Vous en trouverez facilement le nom dans la composition inscrite sur le flacon. La perméthrine est utilisée depuis des décennies. Sur les vêtements, on l’applique en spray ou en imprégnation par trempage.

Comme pour les répulsifs, la quantité est fondamentale. Si vous voulez de l’efficacité, n’hésitez pas. Un flacon comme celui-ci, concentré à 4% ce qui est le plus classique, permet d’imprégner environ 6 tenues complètes, chemise, pantalon et chaussettes. Mais vous pouvez mettre plus de produits, ça ne fera que renforcer et prolonger l’efficacité.

Seules les chaussettes peuvent être achetées pré-imprégnées. L’imprégnation reste efficace durant toute la vie de la chaussette. C’est particulièrement intéressant contre les tiques. À part les chaussettes, on ne trouve pratiquement pas de vêtements pré-imprégnés. Alors il faut le faire soi-même. L’imprégnation restera efficace pendant deux ou trois semaines, et supportera deux ou trois lavages que l’on fera aussi peu chaud et avec aussi peu de détergent que possible. On peut utiliser des sprays, mais aussi des solutions de trempage : on laisse alors absorber le produit par les tissus, ce qui permet une meilleure répartition de la perméthrine.

Notez que l’on peut tout imprégner : tous les vêtements, dont les chaussettes, mais aussi les casquettes, les chapeaux, les rideaux, la literie, les toiles de tente, les tapis de sol, les parasols, les tapis, les nappes de camping et même les murs. Si on ne lave pas, la perméthrine reste efficace au moins 6 mois, voire jusqu’à plus d’un an.

Un point d’attention est à bien noter : si la perméthrine est sans danger pour l’homme, elle est très toxique pour les animaux à sang froid. Les résidus de perméthrine ne doivent donc surtout pas aller dans un lac ou une rivière. Ils sont par contre rapidement dégradés dans le sol. Elle est également toxique pour les chats auxquels manquent une enzyme de détoxification. C’est curieux, mais on n’utilisera pas la perméthrine pour débarrasser son chat de tiques. Et comme pour les répulsifs sur la peau essayez d’approcher un tissu imprégné de perméthrine d’un moustique, vous verrez à quel point il apprécie : la perméthrine a aussi un effet répulsif.

Comme les autres produits, vous pourrez vous procurer la perméthrine pour imprégnation sur le site smivs.com.
Nous avons évoqué le mois dernier trois lignes de défense pour contrer l’approche des moustiques. Aujourd’hui, je vais vous parler de la première qui est, bien entendu, la peau. Sur la peau découverte on applique des répulsifs, qui repoussent les moustiques. Ils détestent ces produits et ne s’en approchent pas.
Les deux questions auxquelles je vais répondre sont d’une part, quel produit acheter  ; et d’autre part, comment l’appliquer.

Pour les produits on ne parlera pas de marques, car il en existe des milliers de par le monde. Mais regardez la composition sur le flacon  ; elle doit y être (et sinon n’achetez pas). Pour ne pas vous compliquer la vie je vais vous indiquer les deux composants actifs que je vous conseille le plus. Repérez donc la composition et cherchez s’il est écrit soit DEET, D-E-E-T, soit icaridine, encore appelée pipéridine, ou encore KBR 3023 selon les pays.
Le DEET est le plus commun. Idéalement une concentration de 50% permet 6 à 8 heures d’utilisation.
L’icaridine est idéale à 25% de concentration. Elle est aussi efficace que le DEET, et plus agréable sur la peau. C’est mon premier choix, mais elle est moins répandue que le DEET.

Pour ces produits, pour tous les répulsifs d’ailleurs quels qu’ils soient, la concentration détermine la durée d’efficacité. Vous trouverez souvent des concentrations plus faibles  ; donc ce qu’il faudra faire, c’est simplement de les renouveler plus souvent.
L’efficacité est bien sûr diminuée, voire anéantie, si vous suez beaucoup, ou si vous vous baignez. En ce cas, il vous faudra renouveler l’application de produit.
Attention  : ces produits sont des solvants des plastiques  : ne prenez pas le risque de les faire couler sur vos lunettes ou au fond de votre sac à main où traîne votre fétiche.

Vous avez maintenant le produit  ; comment l’utiliser  ? Deux choses essentielles à savoir  : d’abord, il faut en appliquer suffisamment et bien le répartir. Moins vous en mettez, moins l’efficacité durera. Il ne suffit pas de faire un pschitt ou deux, le produit n’est pas efficace au-delà de quelques centimètres. Donc bien répartir assez de produits sur les surfaces découvertes.

La deuxième chose à savoir est qu’il ne faut pas épargner le visage, tout en faisant attention à ne pas toucher les muqueuses sous peine de désagréables brûlures. Donc le mieux est de mettre le produit sur les mains et de le passer sur les endroits où l’on risque d’être piqué.
Petit truc : si vous devez appliquer aussi une crème solaire, faites-le 20 mn avant d’appliquer le répulsif.

Enfin je ne peux tout vous dire ici. Juste quelques points  : ne renouvelez pas les applications plus de trois fois par jour, pour les enfants utilisez moins de produits, des concentrations plus faibles, et lisez bien les instructions portées sur les flacons.
Maintenant, essayez d’approcher votre main couverte de répulsif d’un moustique, vous verrez à quel point il apprécie.
Comme les autres produits de santé en voyage, vous pouvez vous procurer les répulsifs sur le site smivs.com. VS pour «  voyage et santé  » comme déjà évoqué.
http://smivs.com

Comme chaque mois, profitez des conseils du Dr Jean-Michel Lichtenberger, dont l’association Voyages et Santé gère le centre de vaccinations d’Air France. Ce mois-ci Jean-Michel Lichtenberger ouvre une nouvelle série pour regarder avec vous quels sont les animaux dangereux, et comment s’en protéger. Une publication de l’OMS nous renseigne sur le risque relatif des différentes espèces animales. Nous y voyons qu’un des plus redoutés est l’un des moins tueurs, il s’agit du requin. Le crocodile tue 100 fois plus d’humains. Les serpents 5 000 fois plus. Mais le vrai serial killer de l’humanité, et ce depuis que l’homme existe, laisse loin derrière lui tous les autres, c’est le moustique. Le moustique, il véhicule le paludisme, toujours dans le peloton de tête des maladies infectieuses mortelles. Mais il est aussi porteur d’autres maladies, peut-être moins mortelles mais aussi sources de bien des problèmes, comme la dengue, la fièvre jaune, l’encéphalite japonaise, le zika ou le chikungunya ; et je vous en épargne bon nombre. C’est pourquoi nous vous proposons une nouvelle série : comment ne pas être victime du moustique, que ce soit pour ne pas en mourir – c’est déjà pas mal, mais aussi pour ne pas être exaspéré par ses nuisances, sur la peau, dans les oreilles, durant le jour ou pendant son sommeil. Il y a trois zones de vulnérabilité et dès lors trois lignes de défense : la peau découverte, la peau couverte, le sommeil ; je m’explique. La peau découverte c’est une évidence, c’est la porte ouverte aux festins de dames moustiques (ce ne sont que les femelles qui piquent, pour nourrir leurs œufs). La peau couverte s’est moins connue, mais sachez qu’un moustique pique aisément à travers un vêtement, même à travers un jean, pour autant bien entendu que celui-ci colle à la peau. Le sommeil est une bonne occasion pour le moustique car nous ne sommes plus vigilants et le laissons se gorger à discrétion. Or sur ces trois lignes, on peut parfaitement leur barrer la route. Sur la peau avec des répulsifs, sur les vêtements avec des insecticides appropriés, la nuit en dormant sous moustiquaire imprégnée. Ces produits demandent à être bien choisis, et bien utilisés. Mais si vous suivez nos conseils, vous pourrez traverser les everglades de Floride ou l’Orénoque en saison des pluies sans piqûre. Enfin, convenons que rien n’est efficace à 100%. Nous vous détaillerons les bonnes pratiques lors de nos prochains épisodes. Pour l’heure, sachez que vous pouvez vous procurer tous ces produits sur le site spécialisé smivs.com. VS pour « voyage et santé », bien sûr. http://smivs.com
Comme chaque mois, profitez des conseils du Dr Jean-Michel Lichtenberger, dont l’association Voyages et Santé gère le centre de vaccinations d’Air France. Ce mois-ci Jean-Michel Lichtenberger nous informe sur les risques de la dengue et des mesures de préventions à mettre en œuvre pour combattre ce virus qui provoque des épidémies qui vont croissant dans le monde.

Un petit point aujourd’hui sur la dengue, dont les épidémies vont croissant dans de nombreuses régions du monde. D’un peu plus de un million de cas en 2005, on est passé à plus de 3 millions en 2015, causant près de 10  000 morts.

On nous interroge souvent sur la disponibilité d’un vaccin, puisque l’information circule qu’il en existe un. Et c’est vrai. Le Dengvaxia fabriqué par sanofi est autorisé dans un certain nombre de pays où l’épidémie pose de gros problèmes. Il est d’une efficacité relative, globalement de l’ordre de 60%. Ce qui en termes de santé publique est un succès. Un million deux de cas plutôt que trois millions, quatre mille morts plutôt que dix mille, c’est évidemment un succès.

Mais l’immunologie de la dengue est une affaire extrêmement compliquée, car il existe quatre types de virus de la dengue, et la protection contre l’un ne protège que courtement contre les autres. De plus, une seconde infection risque plus que la première de causer une forme grave. Ajoutez que selon les âges, et selon que l’on cherche à éviter la maladie ou seulement ses complications graves on procède différemment. Pour tout avouer, les chercheurs disent qu’ils n’ont pas encore tout compris dans ce domaine.

Concrètement, l’OMS recommande ce vaccin pour les pays en phase d’épidémie, et seulement dans les régions où l’épidémie sévit. Il n’est pas administré avant l’âge de 9 ans, et uniquement dans le cadre de campagnes de santé publique.

Alors pour nos voyageurs et expatriés, la dengue reste une vraie préoccupation, notamment pour les enfants qui en sont les victimes les plus redoutées. Alors que faire  ? eh bien il reste quand même les traditionnelles mesures de protection individuelle contre les piqûres de moustiques  : les répulsifs sur la peau, l’imprégnation des vêtements, les moustiquaires imprégnées sur les lits, et toutes autres mesures visant à diminuer le nombre de moustiques et éviter qu’ils ne piquent.

C’est pénible, c’est vrai, mais consolation, on s’épargnera au passage les désagréments des piqûres, et les autres maladies que transmettent ces insectes, sans doute depuis que l’homme existe…