Comme chaque mois, profitez des conseils du Dr Jean-Michel Lichtenberger, dont l’association Voyages et Santé gère le centre de vaccinations d’Air France. Ce mois-ci Jean-Michel Lichtenberger ouvre une nouvelle série pour regarder avec vous quels sont les animaux dangereux, et comment s’en protéger. Une publication de l’OMS nous renseigne sur le risque relatif des différentes espèces animales. Nous y voyons qu’un des plus redoutés est l’un des moins tueurs, il s’agit du requin. Le crocodile tue 100 fois plus d’humains. Les serpents 5 000 fois plus. Mais le vrai serial killer de l’humanité, et ce depuis que l’homme existe, laisse loin derrière lui tous les autres, c’est le moustique. Le moustique, il véhicule le paludisme, toujours dans le peloton de tête des maladies infectieuses mortelles. Mais il est aussi porteur d’autres maladies, peut-être moins mortelles mais aussi sources de bien des problèmes, comme la dengue, la fièvre jaune, l’encéphalite japonaise, le zika ou le chikungunya ; et je vous en épargne bon nombre. C’est pourquoi nous vous proposons une nouvelle série : comment ne pas être victime du moustique, que ce soit pour ne pas en mourir – c’est déjà pas mal, mais aussi pour ne pas être exaspéré par ses nuisances, sur la peau, dans les oreilles, durant le jour ou pendant son sommeil. Il y a trois zones de vulnérabilité et dès lors trois lignes de défense : la peau découverte, la peau couverte, le sommeil ; je m’explique. La peau découverte c’est une évidence, c’est la porte ouverte aux festins de dames moustiques (ce ne sont que les femelles qui piquent, pour nourrir leurs œufs). La peau couverte s’est moins connue, mais sachez qu’un moustique pique aisément à travers un vêtement, même à travers un jean, pour autant bien entendu que celui-ci colle à la peau. Le sommeil est une bonne occasion pour le moustique car nous ne sommes plus vigilants et le laissons se gorger à discrétion. Or sur ces trois lignes, on peut parfaitement leur barrer la route. Sur la peau avec des répulsifs, sur les vêtements avec des insecticides appropriés, la nuit en dormant sous moustiquaire imprégnée. Ces produits demandent à être bien choisis, et bien utilisés. Mais si vous suivez nos conseils, vous pourrez traverser les everglades de Floride ou l’Orénoque en saison des pluies sans piqûre. Enfin, convenons que rien n’est efficace à 100%. Nous vous détaillerons les bonnes pratiques lors de nos prochains épisodes. Pour l’heure, sachez que vous pouvez vous procurer tous ces produits sur le site spécialisé smivs.com. VS pour « voyage et santé », bien sûr. http://smivs.com
Comme chaque mois, profitez des conseils du Dr Jean-Michel Lichtenberger, dont l’association Voyages et Santé gère le centre de vaccinations d’Air France. Ce mois-ci Jean-Michel Lichtenberger nous informe sur les risques de la dengue et des mesures de préventions à mettre en œuvre pour combattre ce virus qui provoque des épidémies qui vont croissant dans le monde.

Un petit point aujourd’hui sur la dengue, dont les épidémies vont croissant dans de nombreuses régions du monde. D’un peu plus de un million de cas en 2005, on est passé à plus de 3 millions en 2015, causant près de 10  000 morts.

On nous interroge souvent sur la disponibilité d’un vaccin, puisque l’information circule qu’il en existe un. Et c’est vrai. Le Dengvaxia fabriqué par sanofi est autorisé dans un certain nombre de pays où l’épidémie pose de gros problèmes. Il est d’une efficacité relative, globalement de l’ordre de 60%. Ce qui en termes de santé publique est un succès. Un million deux de cas plutôt que trois millions, quatre mille morts plutôt que dix mille, c’est évidemment un succès.

Mais l’immunologie de la dengue est une affaire extrêmement compliquée, car il existe quatre types de virus de la dengue, et la protection contre l’un ne protège que courtement contre les autres. De plus, une seconde infection risque plus que la première de causer une forme grave. Ajoutez que selon les âges, et selon que l’on cherche à éviter la maladie ou seulement ses complications graves on procède différemment. Pour tout avouer, les chercheurs disent qu’ils n’ont pas encore tout compris dans ce domaine.

Concrètement, l’OMS recommande ce vaccin pour les pays en phase d’épidémie, et seulement dans les régions où l’épidémie sévit. Il n’est pas administré avant l’âge de 9 ans, et uniquement dans le cadre de campagnes de santé publique.

Alors pour nos voyageurs et expatriés, la dengue reste une vraie préoccupation, notamment pour les enfants qui en sont les victimes les plus redoutées. Alors que faire  ? eh bien il reste quand même les traditionnelles mesures de protection individuelle contre les piqûres de moustiques  : les répulsifs sur la peau, l’imprégnation des vêtements, les moustiquaires imprégnées sur les lits, et toutes autres mesures visant à diminuer le nombre de moustiques et éviter qu’ils ne piquent.

C’est pénible, c’est vrai, mais consolation, on s’épargnera au passage les désagréments des piqûres, et les autres maladies que transmettent ces insectes, sans doute depuis que l’homme existe…
Comme chaque mois, profitez des conseils du Dr Jean-Michel Lichtenberger, dont l’association Voyages et Santé gère le centre de vaccinations d’Air France.

Ce mois-ci Jean-Michel Lichtenberger nous informe des conclusions d’une concertation citoyenne sur les vaccins, et leur devenir alors que certains sont encore obligatoires…et d’autres tout simplement recommandés…pour y voir plus clair une interview à ne pas manquer.

Nous avons décrit, dans la dernière actu santé, la défiance des Français vis-à-vis de la vaccination. Nous avons dit qu’ils étaient champions du monde avec 40% de doutes sur la sécurité des vaccins.

Le ministère de la Santé n’avait pas attendu cette enquête pour organiser une conférence citoyenne. Les conclusions de cette concertation ont été rendues à la toute fin de 2016.

Hélas… Il ne semble malheureusement pas qu’elle ait atteint son objectif de restauration de la confiance des Français. Une proposition majeure est d’étendre l’obligation vaccinale. Pour l’instant, trois vaccins sont obligatoires : contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Les autres sont « recommandés ».

L’obligation vaccinale est historique et la question de son intérêt est régulièrement posée. Car malgré ces obligations, la couverture vaccinale en France est dans les moins bonnes d’Europe, alors que l’obligation vaccinale est minoritaire en Europe.

Alors faut-il supprimer l’obligation ? Ou au contraire la renforcer ? La concertation réussit l’exercice subtil et complexe de répondre oui aux deux questions contradictoires. Eh oui. Elle propose de rendre obligatoire la vaccination contre les onze maladies citées, au lieu des trois actuelles ; soit. Mais pas définitivement : le temps de rétablir la confiance et on fera machine arrière pour supprimer l’obligation vaccinale.

Ensuite, ce ne serait pas pour tout le monde : le refus des parents serait rendu possible par une clause d’exemption dûment signée sur un document écrit stipulant le refus en bonne connaissance de cause. Mais là aussi pas forcément ; s’il y a trop de refus la clause d’exemption sautera. Enfin, on voit l’intention ; mais on voit aussi qu’on est en France.

Il y a beaucoup d’autres propositions, plus claires et plus pertinentes, que je ne vais pas vous énumérer, vous pourrez les retrouver sur le site dédié à la concertation : http://concertation-vaccination.fr/.Ceci dit, le ministère de la Santé ne s’est pas encore prononcé. Ce dont j’ai parlé, ce sont les conclusions de la concertation. Le ministère décidera ce qu’il veut en retenir. La suite au prochain épisode.

Retrouvez chaque mois les conseils du Dr Jean-Michel Lichtenberger, dont l’association Voyages et Santé gère le centre de vaccinations d’Air France. Ce mois-ci, Jean-Michel Lichtenberger nous parle d’une enquête réalisée auprès de 65 000 personnes, sur 67 pays, pour les interroger sur leur perception de la vaccination : sécurité, efficacité, et compatibilité avec la religion ont été passées en revue.

J’apprends que la France est championne du monde, une fois n’est pas coutume. Mais de quoi s’agit-il ?

En fait, ce n’est pas une très bonne nouvelle. Une très vaste enquête a été réalisée auprès de 65 000 personnes, sur 67 pays, pour les interroger sur leur perception de la vaccination : sécurité, efficacité, et compatibilité avec la religion ont été passées en revue.
Eh bien résultat, les Français sont ceux qui doutent le plus au monde. En Asie du Sud-Est, en Afrique, en Méditerranée orientale, et même en Amérique, on est plutôt confiants. La défiance commence en Europe puisque 7 sur 10 des pays les plus méfiants sont européens. Mais parmi ceux-là, la France tient le pompon.

La moyenne des sceptiques est de 13%, tous pays confondus. En France, 41 % de nos compatriotes interrogés pensent que les vaccins ne sont pas sûrs. Ils sont près de 20% à douter de leur efficacité et plus de 10% considèrent peu importants les vaccins pour les enfants.

Eh oui ; comme dans d’autres domaines, agir contre ce qu’on ne voit pas dépasse l’entendement de beaucoup. La vaccination a éradiqué la variole, et presque la poliomyélite. Plus personne ne voit les handicapés réchappés de la polio, ni les décès de ces enfants qui n’y ont pas échappé ; je les ai pourtant moi connus, ce n’est quand même pas si vieux.

Autre exemple la rougeole. Dans les pays où elle tue des enfants, en laisse d’autres lourdement handicapés, et fait traverser de douloureux épisodes fébriles, on est moins difficiles. Par exemple, le Bangladesh et l’Iran n’ont qu’une personne sur 300 pour trouver la vaccination sans importance, là où nous en avons une sur dix.

Quant à l’incompatibilité avec la religion, où est-elle la plus forte ?
Eh bien c’est en Asie du Sud-Est. Et où est-elle la plus faible ? Eh bien c’est en Arabie Saoudite et au Brésil, pays dans lesquels, pourtant, la religion ne manque pas de poids. Nous ne jugeons pas les opinions ou les convictions. Ce que nous trouvons regrettable, c’est quand elles se forment sur un manque d’informations, un manque d’explications honnêtes sur les balances bénéfices/risques des vaccins, une influence trop lourde des laboratoires pharmaceutiques, ou des campagnes désastreuses comme celle contre la grippe H1N1.

Sans juger, on peut donc regretter que la méfiance s’appuie plus sur des émotions ou des croyances que sur des faits largement démontrés. Car eux, ils ne laissent aucun doute sur l’intérêt des vaccinations. Ceci dit pas toutes les vaccinations, pas n’importe où, à n’importe qui, ni n’importe quand. Il faut peser les indications.

Alors oui à l’information et à la décision réfléchie ; mais non au refus de première ligne sans faire l’effort d’écouter et de comprendre.