Comme chaque mois, profitez des conseils du Dr Jean-Michel Lichtenberger, dont l’association Voyages et Santé gère le centre de vaccinations d’Air France. Ce mois-ci Jean-Michel Lichtenberger nous informe sur les risques de la dengue et des mesures de préventions à mettre en œuvre pour combattre ce virus qui provoque des épidémies qui vont croissant dans le monde.
Comme chaque mois, profitez des conseils du Dr Jean-Michel Lichtenberger, dont l’association Voyages et Santé gère le centre de vaccinations d’Air France.

Ce mois-ci Jean-Michel Lichtenberger nous informe des conclusions d’une concertation citoyenne sur les vaccins, et leur devenir alors que certains sont encore obligatoires…et d’autres tout simplement recommandés…pour y voir plus clair une interview à ne pas manquer.

Nous avons décrit, dans la dernière actu santé, la défiance des Français vis-à-vis de la vaccination. Nous avons dit qu’ils étaient champions du monde avec 40% de doutes sur la sécurité des vaccins.

Le ministère de la Santé n’avait pas attendu cette enquête pour organiser une conférence citoyenne. Les conclusions de cette concertation ont été rendues à la toute fin de 2016.

Hélas… Il ne semble malheureusement pas qu’elle ait atteint son objectif de restauration de la confiance des Français. Une proposition majeure est d’étendre l’obligation vaccinale. Pour l’instant, trois vaccins sont obligatoires : contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Les autres sont « recommandés ».

L’obligation vaccinale est historique et la question de son intérêt est régulièrement posée. Car malgré ces obligations, la couverture vaccinale en France est dans les moins bonnes d’Europe, alors que l’obligation vaccinale est minoritaire en Europe.

Alors faut-il supprimer l’obligation ? Ou au contraire la renforcer ? La concertation réussit l’exercice subtil et complexe de répondre oui aux deux questions contradictoires. Eh oui. Elle propose de rendre obligatoire la vaccination contre les onze maladies citées, au lieu des trois actuelles ; soit. Mais pas définitivement : le temps de rétablir la confiance et on fera machine arrière pour supprimer l’obligation vaccinale.

Ensuite, ce ne serait pas pour tout le monde : le refus des parents serait rendu possible par une clause d’exemption dûment signée sur un document écrit stipulant le refus en bonne connaissance de cause. Mais là aussi pas forcément ; s’il y a trop de refus la clause d’exemption sautera. Enfin, on voit l’intention ; mais on voit aussi qu’on est en France.

Il y a beaucoup d’autres propositions, plus claires et plus pertinentes, que je ne vais pas vous énumérer, vous pourrez les retrouver sur le site dédié à la concertation : http://concertation-vaccination.fr/.Ceci dit, le ministère de la Santé ne s’est pas encore prononcé. Ce dont j’ai parlé, ce sont les conclusions de la concertation. Le ministère décidera ce qu’il veut en retenir. La suite au prochain épisode.

Retrouvez chaque mois les conseils du Dr Jean-Michel Lichtenberger, dont l’association Voyages et Santé gère le centre de vaccinations d’Air France. Ce mois-ci, Jean-Michel Lichtenberger nous parle d’une enquête réalisée auprès de 65 000 personnes, sur 67 pays, pour les interroger sur leur perception de la vaccination : sécurité, efficacité, et compatibilité avec la religion ont été passées en revue.

J’apprends que la France est championne du monde, une fois n’est pas coutume. Mais de quoi s’agit-il ?

En fait, ce n’est pas une très bonne nouvelle. Une très vaste enquête a été réalisée auprès de 65 000 personnes, sur 67 pays, pour les interroger sur leur perception de la vaccination : sécurité, efficacité, et compatibilité avec la religion ont été passées en revue.
Eh bien résultat, les Français sont ceux qui doutent le plus au monde. En Asie du Sud-Est, en Afrique, en Méditerranée orientale, et même en Amérique, on est plutôt confiants. La défiance commence en Europe puisque 7 sur 10 des pays les plus méfiants sont européens. Mais parmi ceux-là, la France tient le pompon.

La moyenne des sceptiques est de 13%, tous pays confondus. En France, 41 % de nos compatriotes interrogés pensent que les vaccins ne sont pas sûrs. Ils sont près de 20% à douter de leur efficacité et plus de 10% considèrent peu importants les vaccins pour les enfants.

Eh oui ; comme dans d’autres domaines, agir contre ce qu’on ne voit pas dépasse l’entendement de beaucoup. La vaccination a éradiqué la variole, et presque la poliomyélite. Plus personne ne voit les handicapés réchappés de la polio, ni les décès de ces enfants qui n’y ont pas échappé ; je les ai pourtant moi connus, ce n’est quand même pas si vieux.

Autre exemple la rougeole. Dans les pays où elle tue des enfants, en laisse d’autres lourdement handicapés, et fait traverser de douloureux épisodes fébriles, on est moins difficiles. Par exemple, le Bangladesh et l’Iran n’ont qu’une personne sur 300 pour trouver la vaccination sans importance, là où nous en avons une sur dix.

Quant à l’incompatibilité avec la religion, où est-elle la plus forte ?
Eh bien c’est en Asie du Sud-Est. Et où est-elle la plus faible ? Eh bien c’est en Arabie Saoudite et au Brésil, pays dans lesquels, pourtant, la religion ne manque pas de poids. Nous ne jugeons pas les opinions ou les convictions. Ce que nous trouvons regrettable, c’est quand elles se forment sur un manque d’informations, un manque d’explications honnêtes sur les balances bénéfices/risques des vaccins, une influence trop lourde des laboratoires pharmaceutiques, ou des campagnes désastreuses comme celle contre la grippe H1N1.

Sans juger, on peut donc regretter que la méfiance s’appuie plus sur des émotions ou des croyances que sur des faits largement démontrés. Car eux, ils ne laissent aucun doute sur l’intérêt des vaccinations. Ceci dit pas toutes les vaccinations, pas n’importe où, à n’importe qui, ni n’importe quand. Il faut peser les indications.

Alors oui à l’information et à la décision réfléchie ; mais non au refus de première ligne sans faire l’effort d’écouter et de comprendre.